Aminou Soumana, agriculteur de Fabidji dans la région de Dosso
Agé de 47 ans, marié à 3 femmes et père de 10 enfants est devenu résilient grâce aux appuis de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Ayant quitté l’université de Niamey en 2001 en 2ème année de droit, il est rentré au village où il s’est investi dans l’agriculture.
A l’époque, la production agricole de Soumana ne dépassait guère les 40 bottes équivalent à 600 kg. « Je n’avais pas accès aux semences de qualité, comme tous les autres producteurs de mon village, pour booster ma production agricole. Je me contentais de celles disponibles sur les marchés locaux » a-t-il expliqué.
C’est difficilement qu’il arrivait à subvenir aux besoins de sa famille. Dans sa recherche à combler le gap alimentaire chaque année, il était contraint d’abandonner son village pour se rendre dans des pays voisins. « Je ne suis pas parvenu à gagner véritablement les moyens à la hauteur de mes attentes. »
Mais, depuis trois ans que la FAO a démarré ses appuis dont il est un des bénéficiaires en 2024, Soumana a pu obtenir les semences résilientes et de qualitépour produire durant la campagne pluviale.
Avec l’appui de la FAO, la production céréalière de Soumana passe à 70 bottes soit 1 000 kg pour le mil et 750 kg pour le niébé dans son espace d’exploitation d’un hectare et demi. Cet appui de la FAO s’est fait dans le cadre de la mise en œuvre du programme « accélérer le progrès vers l’autonomisation économique des femmes rurales » financé par la Norvège et la Suède.
Pendant la saison des cultures irriguées, il produit du niébé et se sert de ses fanes pour nourrir durant deux mois son troupeau d’animaux. En 2024, il s’est procuré, avec le soutien de la FAO, des semences de laitue, de la pomme de terre et de moringa en dehors de semences pluviales.
Au cours de la période de soudure ou de précarité, il recourt aux produits maraichers comme les feuilles de moringa associées à la farine de mil, de sorgho ou de maïs pour assurer l’alimentation de sa famille. Ainsi, « je consacre entièrement ma force de travail à la production et récolte mieux ».
La diversification de sa production a permis à Soumana, non seulement de varier l’alimentation de sa famille, mais aussi et surtout de générer beaucoup de profits. Dans son activité, il a pu s’acheter deux petits ruminants. « Dieu merci, aujourd’hui, je suis devenu résilient au point de n’avoir plus besoin d’un quelconque soutien pour prendre en charge ma famille ».
Avec l’assistance de la FAO, Soumana affirme avoir accumulé des connaissances pratiques utiles en matière d’agriculture et d’élevage pour poursuivre et renforcer sa production. Il se voit dans les cinq prochaines années être un entrepreneur agricole capable de labourer des vastes étendues de terre à travers la mécanisation. Son ambition est de ramener les jeunes à la terre considérée comme étant « un véritable moyen d’atteindre la sécurité alimentaire et nutritionnel des ménages dans les zones rurales».
Ce genre d’ambition au Niger, la FAO le soutient à travers les semences irriguées et pluviales, le renforcement des capacités techniques sur les itinéraires techniques agricoles, le cash plus semences, la régénération naturelle assistée, les engrais, les aliments pour bétail, le système de la petite irrigation, les champs écoles agropastoraux, les clubs d’écoute Dimitra, les caisses de résilience, etc.
Ce type d’appui de la FAO entre dans le cadre des multiples efforts de l’organisation à soutenir la transition vers des systèmes agroalimentaires plus efficaces, plus inclusifs, plus résilients et plus durables afin d’améliorer la production, la nutrition, l’environnement et les conditions de vie, en ne laissant personne de côté. Un tel appui contribue à l’atteinte des Objectifs de Développement Durables notamment les ODD 1, 2 et 12 qui portent respectivement sur « pas de pauvreté », « faim zéro » et « consommation et production responsable ».