Formation des formateurs PEAS : renforcer les capacités pour une protection plus sûre et plus humaine
Du 26 au 28 novembre 2025, s’est tenue à Niamey une formation des formateurs du réseau national de Protection contre l’Exploitation et les Abus Sexuels (PEAS).
Cette session, organisée par les Nations Unies et les partenaires de mise en œuvre engagés dans la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels (EAS), le harcèlement sexuel (SH) et les violences basées sur le genre (VBG), visait à renforcer les compétences des membres du réseau en matière de gestion sûre des incidents PEAS.
« La PEAS n’est pas un exercice administratif, c’est une responsabilité humaine »
Dans son discours d’ouverture, la Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies (a.i.) a souligné la dimension fondamentale de cet engagement partagé :
« La PEAS n’est pas un exercice administratif. C’est une responsabilité commune et humaine. C’est une question de confiance. Et cette confiance repose sur nous tous, sur notre capacité à prévenir, à détecter, à accompagner et à réagir avec professionnalisme et humanité. »
Ses mots ont rappelé que la prévention de l’exploitation et des abus sexuels n’est pas un simple processus technique : c’est un engagement moral et collectif
Une formation inscrite dans la campagne des 16 Jours d’Activisme
La session s’est tenue dans le cadre des 16 Jours d’Activisme contre les VBG, dont le thème 2025 met l’accent sur la violence numérique, une forme de violence émergente qui affecte de plus en plus de femmes et de filles.
Le message PEAS de cette année est clair et puissant :
« Aucune excuse pour l’exploitation, les abus et le harcèlement sexuels en ligne ou hors ligne. »
Un message que les participants ont été invités à intégrer et porter, au sein de leurs équipes comme auprès des communautés.
Clarifier, comprendre et mesurer l’ampleur des risques
D’abord, La formation s’est consacrée à une meilleure compréhension des concepts clés : SEA, SH, VBG, ainsi que les messages essentiels sur l’EAS.
Le formateur a présenté des données préoccupantes :
- 2170 allégations d’exploitation et d’abus sexuels impliquant des partenaires d’exécution hors mandat direct du système des Nations Unies,
- Contre 1131 allégations enregistrées au sein du système onusien.
Du côté des victimes :
- 2431 victimes identifiées dans des allégations impliquant des partenaires d’exécution,
- Contre 2311 victimes au niveau du système des Nations Unies.
Ces chiffres soulignent l’urgence de renforcer les mécanismes nationaux, d’autant plus que plusieurs cas surviennent en dehors du cadre d’autorité directe des agences onusiennes.
Les participants ont recommandé l’élaboration d’une stratégie d’intervention nationale, en partenariat étroit avec le gouvernement, pour renforcer la réponse PEAS au Niger.
Ensuite s’est suivi des Techniques d’animation et outils pratiques :
- les techniques d’animation d’une formation,
- les comportements attendus des formateurs,
- la manière d’aborder les sujets sensibles,
- la mitigation des risques SEAH,
- l’assistance centrée sur la victime,
- et la promotion d’une programmation sûre dans tous les projets.
Des travaux de groupe, études de cas et vidéos interactives ont permis aux participants d’appliquer les concepts de manière concrète.
Devenir un relais de confiance pour les communautés
Enfin, La formation a aussi mis l’accent sur le rôle essentiel des formateurs PEAS :
Nous sommes parfois relais, conseillers, référents et soutiens directs pour nos collègues, nos partenaires et surtout pour les communautés.
Les participants ont travaillé sur des compétences très pratiques :
- identifier un risque,
- écouter sans jugement,
- orienter de manière appropriée,
- signaler en respectant les principes de confidentialité, de sûreté et de centrage sur la victime.
Ces trois jours ont permis de renforcer un réseau PEAS plus solide, plus cohérent et mieux outillé pour protéger les personnes les plus vulnérables.
La prévention des EAS, une responsabilité collective
Cette formation a rappelé une vérité essentielle :
la prévention de l’exploitation et des abus sexuels n’appartient pas à un service ou à une institution elle est la responsabilité de toutes et de tous.
« Prévenir l’exploitation et les abus sexuels : c’est la responsabilité de tous. »
Grâce à cette formation, les membres du réseau PEAS du Niger sortent mieux préparés, mieux équipés et plus engagés pour bâtir un environnement sûr, respectueux et digne pour chaque personne, en ligne comme hors ligne.
Ecrit par Chamsia Chaibou, Assistante communication au PBF